Fondé en 1919, le Comité Français de Secours aux Enfants est une association reconnue d'utilité publique.
Sa mission : aider les enfants et les jeunes en difficulté en France et à l'étranger. Elle leur propose des maisons d'accueil et d'éducation et des centres de formation aux métiers de bouche.

« LES GARANTS DE LA NUIT… » par Louis-Jérôme

Témoignages CFSE - CFSE Témoignage maison d'accueil de Parthenay

cfse agapè maison accueil parthenayLouis-Jérôme de B., surveillant de nuit à la MAE de PARTHENAY et aussi à celle de Barroux...

23h15

Ce soir c'est samedi, alors je commence une heure plus tard. À mon arrivée à la MAE, je fais le tour de la maison ; je retrouve certains jeunes à la salle télé où je les salue. Je me rends ensuite au bureau des éducateurs pour prendre leur relève et entendre leur compte rendu de la journée écoulée, des éventuelles précautions à prendre vis-à-vis de tel ou tel, des heures de réveil prévues pour chacun, etc. C’est de cette manière que je prends la "température" du groupe.

Ce soir, les "éducs" m'informent de la fugue de Nono, en fin d'après-midi. En équipe, nous assurons les couchers en prenant soin d’accorder le temps d’attention nécessaire à chaque jeune en fonction de leurs besoins. Il est important de reconstituer un cadre le plus réconfortant possible pour les résidents, afin de dissoudre les tensionsaccumulées dans la journée, ou de préserver le bénéfice de leur bonne humeur. Les couchers se font rarement en une seule fois car ils n’ont pas tous le même âge ; une certaine tolérance est accordée aux plus âgés d’entre eux, à la condition toutefois qu’ils respectent le sommeil des autres.

Je ferme les accès extérieurs du foyer pour éviter que n’importe qui puisse pénétrer dans "leur" maison et déranger leur sommeil. J’en profite pour vérifier l’ordre de la maison : un lave-vaisselle à vider, des lumières oubliées dans des pièces non-occupées, des fenêtres à fermer…

00h30

Première ronde dans les chambres : je baisse la musique de Fatima, j'éteins la lumière de Kevin qui s'est endormi, ainsi que sa console de jeux portable. Je m’assure aussi que les règles de vie sont bien respectées et qu’aucun jeune, par exemple, n’essaye de fumer discrètement dans sa chambre ou bien ne s'amuse à aller-venir d’une chambre et/ou d'un étage à l’autre. Le calme revenu, je prépare la table du petit déjeuner…

01h15

Je m’installe dans le bureau pour consulter les cahiers de liaison des jeunes. Je note à mon tour le déroulement général de la soirée et les problèmes éventuels que j’aurais pu rencontrer.

01h40

Je suis interrompu par des cailloux lancés contre la vitre du bureau, celle qui donne sur la rue… Nono est là, en bas, alcoolisé ; il a passé sa soirée dans la rue. « Monsieur » ne trouve pas la sonnette, alors il fait du bruit pour qu’on lui ouvre. Je ne m’attends pas à ce qu’il soit très coopératif mais lui demande tout de même des explications quant à son heure de retour au foyer ainsi que les raisons de son vacarme. Après une volée d’injures, il finit par m’expliquer qu’il veut rentrer se coucher : « Ch'uis fatigué ! ». Je descends lui ouvrir le portail et prends le temps de discuter avec lui dans la cour, afin qu’il se calme et ne dérange pas toute la maisonnée. Il me fait part de la quantité d’alcool qu’il a absorbée. Je ne lui cache pas ma réprobation mais le félicite tout-de même d’être rentré au foyer. Je lui fais comprendre, malgré tout, que je signalerai sa conduite aux éducateurs par un mot dans le cahier : la règle est la même pour tout le monde !

02h15

Après ce moment passé dehors nous entrons silencieusement dans la maison et Nono me dit qu’il a faim… Je lui rappelle les règles de vie : son assiette l’attendait sur la table à l’heure du repas mais il a lui-même fait le choix de ne pas être là. Je lui propose un verre d’eau et du pain... « à prendre ou à laisser ». Il fait mine de me bousculer, mais finit par accepter, voyant que je ne cèderai pas.

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